Quand les relances habituelles et une mise en demeure n'ont pas produit de paiement, vous choisissez entre plusieurs options concrètes. Chacune a un coût réel en temps, en argent, ou les deux. Savoir ce que chacune implique vous aide à choisir celle qui a du sens pour le montant dû.
Un dernier échange direct
Avant de passer à un tiers, un appel téléphonique (plutôt qu'un nouveau mail) réussit parfois là où l'écrit a échoué : il est plus difficile à ignorer et plus simple à négocier en direct. Cela vaut le coup d'essayer. Notez ensuite ce qui a été dit et convenu, même si c'est votre dernière tentative avant d'escalader.
Proposer un échéancier en dernier recours
Si le client est vraiment dans l'incapacité de payer la totalité, plutôt que dans le refus, un échéancier de paiement peut récupérer l'essentiel, voire la totalité, de la somme en plusieurs fois. C'est souvent mieux qu'une escalade qui ne rapporte rien, ou qu'une procédure qui coûte plus cher que la dette elle-même pour un petit montant.
Les sociétés de recouvrement
Elles prélèvent en général un pourcentage de ce qu'elles récupèrent (souvent 15 à 50 %, selon l'ancienneté et le montant de la créance). Cela n'a de sens que si la somme due dépasse nettement le coût. Elles sont souvent plus efficaces que vos propres relances : elles sont spécialisées, et le client le sait.
L'injonction de payer et la procédure judiciaire
En France, pour une créance certaine, liquide et exigible, la procédure d'injonction de payer est une voie simple et peu coûteuse : on dépose une requête au tribunal compétent (tribunal de commerce pour un client professionnel, tribunal judiciaire sinon) et le juge peut ordonner le paiement sans audience. Si le client ne fait pas opposition, l'ordonnance est signifiée par commissaire de justice (ex-huissier) et devient exécutoire. Une assignation classique reste possible si la dette est contestée. Les seuils et formalités changent : renseignez-vous auprès du greffe ou d'un professionnel.
Faire appel à un avocat
Pour des montants plus importants, ou quand le client conteste la dette au lieu de simplement ne pas payer, un avocat devient rentable, d'autant plus qu'une action en justice sera peut-être nécessaire de toute façon. Un courrier d'avocat suffit parfois à tout régler avant d'en arriver là.
Décider que ça ne vaut plus la peine
Pour les petits montants, comparez les chances réelles de recouvrement et le coût de toutes ces options (en temps autant qu'en argent) avec un simple passage en perte. Notre guide sur les créances irrécouvrables explique comment le faire proprement, avec le traitement fiscal éventuel.
Les pièces à avoir sous la main avant d'escalader
Quelle que soit la voie choisie, il vous faudra les mêmes documents : la facture d'origine, le devis signé ou tout accord écrit, et l'historique complet de vos relances avec les dates. Les rassembler seulement après avoir décidé d'escalader fait perdre un temps que vous auriez gagné en conservant les traces au fur et à mesure.
Il n'y a pas de bonne réponse unique : le bon choix dépend de la taille de la dette par rapport au coût et aux chances réelles de la récupérer.