Vous n'avez pas besoin de savoir établir des états financiers pour tirer profit de leur lecture. Il suffit de savoir ce que dit chacun, et quels chiffres comptent le plus pour une petite entreprise.
Le compte de résultat : l'entreprise a-t-elle gagné de l'argent sur la période ?
Il montre les produits (chiffre d'affaires), les charges et le résultat (bénéfice ou perte) sur une période précise : mois, trimestre, année. Les chiffres à suivre : l'évolution du chiffre d'affaires (en hausse, stable, en baisse), le taux de marge brute (voir marge brute et résultat net), et la régularité d'un résultat net positif, ou son alternance entre bénéfice et perte.
Le bilan : que possède et que doit l'entreprise, à cet instant ?
Contrairement au compte de résultat (une période), le bilan est une photographie à une date précise : l'actif (ce que l'entreprise possède ou ce qu'on lui doit, dont les créances clients), le passif (ce qu'elle doit) et les capitaux propres (ce qui revient au dirigeant). Le point à surveiller de près pour une petite entreprise : le rapport entre créances clients et trésorerie. Une entreprise à qui l'on doit beaucoup mais qui n'a presque rien en caisse est exposée, même si le bilan paraît sain.
Le tableau de flux de trésorerie : d'où vient et où va l'argent réellement ?
Il suit les mouvements réels de trésorerie, distincts des produits et charges du compte de résultat, qui sont enregistrés quand ils sont acquis ou engagés, pas quand l'argent bouge. Voir les bases de la trésorerie pour comprendre cette différence. Le chiffre à regarder : la trésorerie générée par l'exploitation est-elle positive ? Une entreprise peut afficher un bénéfice au compte de résultat alors que son tableau de flux révèle qu'elle consomme de la trésorerie.
Vous n'avez pas besoin des trois d'emblée
Pour une très petite entreprise ou une activité qui démarre, le compte de résultat seul (chiffre d'affaires et résultat dans le temps) apporte souvent l'essentiel. Ajoutez le bilan quand les créances clients deviennent significatives, puis le tableau de flux quand l'écart entre « rentable » et « a de la trésorerie » devient un souci récurrent. Un auto-entrepreneur en micro-entreprise tient un simple livre des recettes et n'établit pas de bilan : ces notions deviennent utiles en passant au régime réel ou en société.
Quand faire appel à un expert-comptable
Lire ces documents pour repérer les tendances et les signaux d'alerte est à la portée de tous. En revanche, les établir correctement, comprendre les conséquences fiscales et structurer l'entreprise de la façon la plus favorable, c'est le métier de l'expert-comptable. Savoir lire est une compétence utile. Produire ces états sans aide ne vaut généralement pas l'effort.